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24.04.2024 20:15:59


 

Sous la juridiction de l'évêque de Lausanne

 

Henniez était au moyen âge situé dans le châtellenie de Lucens, qui faisait partie des domaines temporelles des évêques de Lausanne. 

La plupart des droits seigneuriaux devaient donc appartenir aux évêques de Lausanne. Mais certains renseignements, tirés de terriers, font apparaître une situation plus complexe, comme c'est presque toujours le cas à cette époque, et révèlent une imbrication de droits et de seigneuries divers.

Le plus ancien document concernant Henniez que nous ayons trouvé ne s'est pas conservé en original, mais il en subsiste deux copies, une du XVe siècle, plus complète, avec la date, et une seconde de l'époque bernoise. Ce document est de septembre 1357. Il émane de l'évêque de Lausanne Aymon de Cossonay ; c'est la transformation d'une redevance en nature en redevance fixe en argent. Ce document révèle la présence à Henniez de deux classes d'habitants : d'une part des hommes libres, qui depuis longtemps sont exempts de toutes les coutumes et usages ; d'autre part des non-libres, des abergataires qui sont tenus envers l'évêque à toutes les coutumes et usages.  Ces hommes libres, comme leurs prédécesseurs, sont tenus seulement à fournir  chaque année un "ressat", soit un repas, à l'évêque de Lausanne et à une suite de douze personnes entre la Saint-Michel (30 septembre) et la Saint-André apôtre (30 novembre). C'est en échange de ce ressat que les dits personnages d'Henniez sont libres et francs de toute coutume et usage. Or, à la date indiquée, l'évêque Aymon, de sa propre volonté, bien informé de ses droits, dans l'intérêt de lui-même et de l'église Notre-Dame de Lausanne, pour lui et ses successeurs, donne à cense le dit ressat pour une somme de quinze sous lausannois, payable annuellement à la Saint-André apôtre, plus une somme de quarante sous lausannois, payables une seule fois à titre d'entrage de la prédite accensation. L'évêque précise que ces hommes libres et leurs descendants ne sont absolument pas tenus de payer à l'évêque ou à ses successeurs les usages et coutumes. Il promet en outre de les maintenir, défendre et garantir en paix contre quiconque, en jugement et hors jugement, "et spécialement contre ceux qui ont accoutumé de prendre part et de manger au dit ressat".


d'après Ls Junod in Henniez - Aux sources de l'histoire, 1966.
illustration Ric Berger

entrée du château de Lucens
 

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